La Réflexion du vendredi 16 safar 1445 AH
Rohingyas : l’autre génocide
Le mois dernier, cela faisait six ans depuis que le peuple Musulman Rohingya, citoyens du Myanmar, furent contraints de quitter de leur propre…
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (saw)
“Les croyants sont des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde. Surah Hujurat (49) verset 10
Le mois dernier, cela faisait six ans depuis que le peuple Musulman Rohingya, citoyens du Myanmar, furent contraints de quitter de leur propre pays, pour fuir l’un des génocides les plus meurtriers de ces dix dernières années. Malgré l’indifférence générale sur la situation atroce dans laquelle ils vivaient, les jeunes Rohingyas sont montés au créneau pour dire stop à leur statut de réfugiés. Les près de 300 000 enfants sont devenus des adolescents, d’autres des adultes, sans lendemain, sans avenir.
Muhammad (saw) nous rappelle :
«Celui qui se lève le matin et ne se soucie pas de l’Ummah, n’est pas parmi nous»
Retour dans l’histoire. Ce fut en août 2017 que plus de 740 000 Musulmans Rohingya furent contraints de fuir leur pays après que des militaires du régime bouddhiste de Myanmar décidèrent de les exterminer en tirant à vue et ensuite incendier les maisons. Ils subirent toutes sortes de tortures, les hommes durent fuir, les femmes violées, les enfants et les vieux massacrés. Non satisfaite de procéder à la purification ethnique, la junte militaire pratiquait la politique de la terre brûlée, en incendiant les maisons et les plantations, pour que les Rohingyas ne puissent jamais retourner sur leurs terres. Selon Human Rights Watch, 200 villages avaient été incendiés, et 13 000 Rohingyas tués.
Ils sont aujourd’hui 890 00 au Bangladesh dans une quarantaine de camps de réfugiés au Cox Bazar, au Kutapulong et ailleurs, 92 000 en Thaïlande, 21 000 en Inde et 102 000 en Malaisie.
Pour les jeunes et les adolescents, la vie dans ces camps, barricadés par des fils barbelés, se passe dans l’oisiveté, sans accès aux écoles, aux universités, ou aux formations vocationnelles. Un sondage, en 2022, mené dans 11 camps, révèle que plus de 96% des jeunes sont sans emplois, stressés et anxieux. La vie pour les jeunes filles et les adolescentes pose un plus grand défi. Elles passent le plus clair de leur temps entre les quatre murs de bambou de leurs cabanes surpeuplées, sans aucune possibilité de s’éduquer. Certaines sont forcées de se marier à l’âge de 18 ans, pour des raisons de sécurité.
Même dans ces camps de réfugiés, les Rohingyas ne sont pas en sécurité, faisant face à des risques de meurtres, de kidnappings et d’actes incendiaires perpétrés par des réseaux de trafic de drogue.
Le Myanmar a toujours considéré les Rohingyas comme des ‘bengalis’, bien que leurs familles aient vécu dans ce pays pendant des générations. Depuis 1982, ils ont été privés de leur nationalité, sous la Citizenship Law. De plus, la junte avait décrété, dans le pays, des zones Muslims-free, copiées de l’apartheid sud-africain.
En novembre 2019, la Gambie, état-membre de l’Organisation de la Coopération Islamique (OIC), saisissait la Cour Internationale de Justice (ICJ) pour réclamer au Myanmar de mettre fin au génocide des Musulmans Rohingya et de condamner ce pays pour violation du Genocide Convention de 1948.
Dans son ruling rendu en janvier 2022, l’ICJ, à l’unanimité des 17 juges, déclarait le Myanmar d’avoir commis des dommages irréparables aux droits des Rohingyas. La Cour ordonnait au Myanmar de s’engager à respecter les articles 1à 4 du Genocide Convention. De plus le Myanmar s’engageait à ce que l’armée ne commette aucun génocide et ne complote pour commettre un génocide. Par la suite, en mars 2022, les Etats Unis considéraient que l’oppression des Rohingyas était un génocide. De son côté, la France accusait aussi Myanmar de génocide.
Un autre aspect de la question des Rohingyas qui mérite d’être souligné est la vente d’armes au Myanmar par Israël. Dans son best-seller, The Palestine Laboratory, le journaliste Loewenstein, accusait, preuves à l’appui, Israël de vendre des armes au Myanmar pour massacrer les Rohingyas. Il ajoute que la presse internationale fait rarement mention que les fabricants d’armes font des profits énormes sur la purification ethnique. D’autres compagnies israéliennes sont aussi engagées dans l’entraînement militaire au Myanmar.
En tant que Musulmans faisant partie de l’Ummah, il est de notre devoir de ne pas rester silencieux sur la situation des Rohingyas. De plus, il est de notre devoir de dénoncer l’oppression d’où qu’elle vienne ainsi que les oppresseurs qui qu’ils soient.
Muhammad (saw) a affirmé:
« Le sang d’un Musulman est plus sacré que la Ka’bah et ses alentours »
“O vous les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous? Surah An Nisaa (4) verset 144.
“C’est Allah qui juge et personne ne peut s’opposer à Son jugement, et Il est prompt à régler les comptes. Surah Ibrahim (14) verset 41.