Dernier khutbah 26 joumada al oula 1448 AH
A nos tronçonneuses !
Un appel au boycott économique des produits et entreprises soutenant Israël, inspiré des enseignements de l’histoire islamique, pour exprimer la solidarité avec le peuple palestinien et défendre les droits de nos frères et sœurs de Palestine.
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (saw).
Quel que soit le palmier que vous ayez coupé ou laissé debout sur ses racines, c’était par la permission d’Allah, et afin qu’Il puisse déshonorer les fasiqoun (dégénérés)
A nos tronçonneuses ! Abattons ensemble les palmiers derrières lesquels se cache l’ennemi sioniste, ennemi d’Allah, coupable de crimes contre l’humanité et d’atrocités à l’encontre d’une partie de l’Ummah, nos frères et sœurs Palestiniens. Ce faisant, nous aurons l’honneur de rejoindre l’armée de Muhammad (saw) et seront, insha Allah, récompensés.
Quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome (ou plus petit), le verra (en sera récompensé).
Cela fait plus de trois ans que nous témoignons, chaque jour, de nombreuses persécutions, de la tristesse, de la destruction, de pertes de vies humaines, de pertes de maisons, d’insécurité alimentaire, de dommages émotionnels et de traumatismes de toutes sortes, à Gaza. Ces évènements atroces devaient nous rappeler la position qu’avait adoptée le Prophète Muhammad (saw) face à la trahison de Banu Nadir et comment il fit plier ceux-ci par un blocus économique.
Le surah al-Hashr, du Qur’an, nous rappelle de l’épreuve des Musulmans en face de la tribu juive des Banu Nadir. Celle-ci était l’une des tribus qui avait signé un premier traité de paix, le traité de non-agression avec les Musulmans de Madina, qui permettait aux Musulmans de vivre en relative sécurité.
Pour diverses raisons, les Banu Nadir avaient rompu les termes de ce traité et avaient commencé des relations avec les Quraysh idolâtres, qui, eux, considéraient les Musulmans comme leurs ennemis. Les Banu Nadir étaient prêts à être un groupe satellite qui s’opposerait aux Musulmans au nom des Quraysh, en revenant sur leur traité et en concluant un nouveau traité avec l’ennemi .
C’était une trahison et une tromperie qui laissait aux Musulmans un choix difficile. Le choix était d’offrir aux Banu Nadir la possibilité de partir en exil, de quitter la ville pour au moins sécuriser le système politique de Madina. Les Musulmans autoriseraient les Banu Nadir à revenir chaque année pour faire la récolte de leurs précieux palmiers. Ceux-ci refusèrent. Et c’est à ce moment-là que Muhammad (saw) ordonna d’assiéger leurs forteresses, protégées par des palmiers.
Les Juifs, qui s’étaient réfugiés dans les châteaux de Khyber, attendaient que le Prophète (saw) parte avec l’épuisement des provisions. L’armée islamique attendit des jours. Mais les Juifs ne quittèrent pas les châteaux. Après cette longue attente, le Prophète (saw) élabora une stratégie. Les dattiers qui protégeaient les châteaux seraient abattus, attaquant ainsi l’économie des Juifs de Banu Nadir.
Lorsque les arbres furent abattus, les Juifs étaient dévastés. Ils durent s’exiler. Cet évènement est la preuve que le boycott est permissible, voire obligatoire face au massacre de nos frères et sœurs en Palestine occupée, le sang d’un Musulman étant, selon Muhammad (saw) plus sacré que la Kaaba et ses alentours.
Symboliquement, ces palmiers représentent, actuellement, les barrages derrière lesquels se cachent Israël. Parmi ces palmiers, se trouvent, en première ligne, l’Amérique qui fournit des armes à Israël pour perpétuer le génocide.
Parmi les autres palmiers se trouvent le soi-disant droit international, l’Union Européenne complice, l’impotente Organisation des nations unies dont les résolutions sont perfidement ignorées par Israël, la Cour internationale de justice incapable d’exécuter son mandat d’arrêt contre le criminel de guerre de Tel Aviv, et les centaines de pays, dont les Emirats Arabes Unis, l’Egypte, le Maroc et l’Arabie Saoudite sur lesquels Israël peut compter pour se défendre.
O vous les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous?
Il existe toutefois d’autres palmiers qui ne peuvent résister aux tronçonneuses et dont l’abattage nous est obligatoire, dans notre action de défendre nos frères et sœurs Palestiniens contre la persécution et le nettoyage ethnique.
Il s’agit de milliers de produits de consommation, tels que des burgers, des cafés, des boissons gazeuses, des chocolats et autres chaussures de sport dont les fabricants financent le génocide. Il y a cet hypermarché français impliqué dans le financement du génocide. Il y a ceux qui exploitent honteusement, comme Zara et Adidas, le génocide pour faire du marketing. Il y a aussi les nombreuses entreprises dont des compagnies d’assurances qui investissent dans Black Rock, des banques telles que HSBC qui investissent les fonds des plans de pension des Musulmans dans Elbit Systems, tous deux des fabricants d’armes pour Israël.
Souvenons-nous de l’histoire de Thumamah, le leader de Yamama, auprès de qui les Quraysh s’approvisionnaient en grains de blé. A sa conversion à l’Islam, Thumamah décida, de son propre chef, de ne plus commercer avec ceux qui persécutaient le Prophète (saw). Cette action ne fut nul autre qu’un boycott, pour affaiblir l’ennemi.
La première leçon à tirer est que Thumamah avait imposé sur les Quraysh un boycott économique sans rechercher la permission du Prophète (saw) avant de les boycotter. Relevons aussi que le Prophète (saw) n’avait jamais demandé à Thumamah pourquoi il les avait boycottés. Il (saw) n’affirma jamais que le boycott fût haram.
L’action de boycott des produits israéliens pour mettre la pression économique sur ce pays est ainsi justifiée. Cette action donne une leçon aux firmes qui soutiennent indirectement le génocide et le massacre de Musulmans. Cette action démontre aussi l’unité des Musulmans face aux oppresseurs et confirme aux Palestiniens que l’Ummah leur est solidaire.
A ceux qui disent qu’il faut la permission des chefs Musulmans avant de boycotter, nous les renvoyons à l’action de Thumama. Devons-nous rechercher la permission: à ceux qui reconnaissent aux Occupants sionistes le droit d’exister, à ceux qui utilisent leurs armées pour protéger la frontière avec les sionistes, à ceux qui imposent un blocus sur Rafah, à ceux qui trahissent l’Ummah sous les Accords d’Abraham, à ceux qui, pour plaire à leurs maitres, changent de fatwas comme ils changent de chaussettes, à ceux qui soutiennent la normalisation avec Israël, à ceux qui regardent , impassibles nos enfants, nos mères et nos frères se faire massacrer, à ceux qui assistent au génocide alors qu’ils invitent des femmes aux mœurs légères à se produire sur les terres du Haramain?
Stop, l’Ummah en a assez de vos simagrées.
Ces évènements nous enseignent aussi qu’il nous est possible de participer à la défense de nos frères et sœurs de la Palestine, en coupant, nous aussi, les palmiers, soit les sources de l’économie israélienne.
Face à autant d’actes de trahison, il est de notre devoir d’apporter notre contribution. Infliger la pression sur une entité ciblée est reconnu comme une forme de boycott. Quand Muhammad (saw) avait assiégé Banu Nadir, ce fut une forme de pression économique sur eux. A nos tronçonneuses.
Munissons-nous de notre tronçonneuse du boycott et abattons les arbres des sionistes. Chaque produit israélien qui pénètre dans notre maison est un arbre qu’il faut abattre. Nous pouvons rejoindre les rangs du Prophète (saw) en frappant les sionistes là où il fait le plus mal, leur économie.
Et jamais Allah ne donnera une voie (pour triompher) aux mécréants contre les croyants.
Qu’Allah nous aide et nous guide.