Stop à la torture : Libérons le Turkistan
Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf, interdisez le mounkar et croyez en Allah. Surah 3 : 110
Alors que nos regards étaient, à juste titre, rivés sur Gaza, un autre génocide s’intensifiait ailleurs– largement ignoré, passé sous silence et sans réponse de la part d’une grande partie du monde musulman. Il s’agit d’une persécution si vaste, si systématique et si effrayante qu’elle semblerait impossible à croire s’il n’y avait pas des montagnes de preuves et de témoignages.
Il s’agit du génocide de nos frères et sœurs ouïghours au Turkestan oriental. Et depuis des années, ils se tournent vers l’Ummah dans l’espoir de trouver solidarité et soutien, pour se heurter, bien trop souvent, au silence et à l’apathie.
Le Turkestan oriental occupé (appelé « Xinjiang » par les Chinois) subit une répression de plus en plus intense de la part du régime chinois et, en réalité, un génocide d’État à l’encontre des musulmans ouïghours qui y vivent. Il est le théâtre de la plus grande détention de masse depuis l’Holocauste. Nous assistons à l’effacement d’une culture entière – qui se déroule en ce moment même.
Ils sont 2 à 3 millions d’Ouïghours dans des camps de concentration, plus de 10 000 mosquées détruites au Turkestan oriental, une réduction considérable de la population musulmane depuis 1955’
Criminaliser les Musulmans Ouïghours
La haine certes s’est manifestée sur leur bouche. Ce que leur poitrine cache est encore plus énorme. Voilà que nous vous exposons les Ayats. Si vous pouviez raisonner. Surah 3 verset 118
Tout ce qui touche à l’Islam est criminalisé, du hijab à la barbe en passant par la prière. Les musulmans sont parqués dans des camps de concentration de masse ; les femmes musulmanes sont contraintes d’épouser des Chinois athées ; des prélèvements d’organes sont effectués de force; et des mosquées historiques ont été totalement détruites.
Alors que nous menons une vie confortable et paisible, il nous est presque impossible d’imaginer la tyrannie à laquelle les musulmans ouïghours sont soumis au quotidien, minute après minute, seconde après seconde. Si nous pouvions jeter un bref coup d’œil à une journée dans la vie d’un musulman ouïghour, nous constaterions que : pas de droit de prier, pas le droit de jeuner, pas de ‘salam’, pas de célébrations de l’Eid, pas de langue ouïghoure, surveillance des mosquées, interdiction de donner aux enfants le nom « Muhammad. Tout est fait pour effacer l’identité islamique
Les aliments halal, ou portant le label halal, sont interdits dans les zones ouïghoures. Il faut justifier pourquoi on ne mange pas de porc, et les commerces appartenant à des Ouïghours doivent proposer de l’alcool et du porc. Le concept d’intimité familiale pour les musulmans ouïghours pratiquants est devenu un rêve lointain. Les autorités chinoises confisquent les terres et les biens des musulmans ouïghours pour les redistribuer à des communistes chinois.
Les pièges de l’inaction
Ainsi Nous avons fait de vous une Ummah équilibrée pour que vous soyez témoins pour l’humanité et que le Messager soit témoin pour vous. Surah Al Baqarah (2) verset 143
L’un des plus grands obstacles qui nous empêchent d’agir suffisamment est ce sentiment d’impuissance que Shaytan tente de nous insuffler : « Que pouvons-nous faire face à une superpuissance en pleine expansion ?
Mais en réalité, l’oppression et l’injustice reposent sur notre apathie et notre désespoir, et s’en nourrissent. L’apathie n’est tout simplement pas une option, ni une excuse devant Allah.
Notre devoir d’agir
Ainsi, la première étape pour remplir notre rôle en tant que musulmans consiste à prendre conscience qu’Allah (saw) nous a doté d’un potentiel incroyable pour apporter un changement concret. Il nous suffit d’être suffisamment motivés pour l’utiliser, et suffisamment coordonnés pour l’utiliser à bon escient.
Aucun musulman ne devrait dire qu': « Je ne suis qu’une personne. Que puis-je faire ? » Pourquoi ? Tout d’abord, parce que cela revient à ignorer notre objectif premier sur cette terre : être mis à l’épreuve. Nous ne sommes pas maîtres du résultat ; notre responsabilité consiste plutôt à relever le défi lorsque nous constatons l’injustice et l’oppression dans le monde.
Lorsqu’une injustice se produit, ce n’est pas seulement une épreuve pour ceux qui en sont victimes, mais aussi pour nous tous qui en sommes témoins, et nous avons le devoir d’utiliser tous les moyens à notre disposition pour contribuer à mettre fin à cette oppression.
Il n’y a pas de quatrième option pour le croyant : ignorer un mal en partant du principe que nous sommes incapables de le changer revient à renoncer à notre devoir en tant que musulmans.
Ce n’est pas parce que nous ne pouvons pas résoudre entièrement un problème que nous sommes dispensés de travailler à sa résolution. Les savants de la théorie juridique islamique ont résumé ce principe dans une maxime percutante :
En d’autres termes, une cause peut nécessiter que mille choses soient mises en ordre – qu’il s’agisse du Turkestan oriental, de la Palestine, du Cachemire ou de n’importe quel autre endroit – et nous n’avons peut-être la capacité d’en traiter que deux ou trois. Mais nous n’avons pas le droit d’abandonner ces deux ou trois simplement parce que nous ne pouvons pas nous occuper du reste.
Le Jour du Jugement, Allah (swt) pourrait nous demander pourquoi nous n’avons pas agi lorsque nous avons vu les horreurs commises contre vos frères et sœurs. Il (swt) pourrait nous demander ce que nous avons fait de la voix, de la richesse, du temps, des relations et de l’influence qu’Il vous a accordés.
Et même si nous considérons notre contribution comme modeste, elle peut s’avérer immense aux yeux de Celui qui nous juge.
La question n’est donc pas : pouvons-nous tout résoudre ? La question est : que pouvons-nous faire ?
Dua
Et surtout, n’oublions pas les Ouïghours dans nos prières. C’est quelque chose que chacun d’entre nous peut faire, et c’est l’arme du croyant. Ce n’est ni un geste symbolique, ni un dernier recours. C’est l’un des plus grands moyens qu’Allah nous a donnés.
Allah est le Maître de toute chose. Il peut provoquer tout changement qu’Il veut, quand Il le veut, comme Il le veut. Mais Il nous met à l’épreuve pour voir qui se tournera vers Lui, qui mettra en œuvre les moyens nécessaires et qui s’efforcera sincèrement de Lui plaire.
Nous avons l’occasion de montrer à nos frères et sœurs ouïghours qu’ils n’ont pas été oubliés. Nous ne resterons pas silencieux alors qu’ils sont détenus, surveillés, exploités, privés de leur religion, séparés de leurs familles et soumis à une oppression inimaginable. Nous ne détourneront pas le regard.
Au contraire, nous nous mobiliserons en grand nombre, incha’Allah, cette semaine, pour manifester notre solidarité, notre soutien moral et notre engagement envers cette cause. Et surtout, nous ne devons jamais sous-estimer le pouvoir des actions sincères. Une action peut paraître insignifiante aux yeux des gens, mais être puissante aux yeux d’Allah.
N’oublions pas: notre objectif premier est de plaire à Allah, d’accomplir notre devoir et d’être absous de tout blâme lorsque nous nous tiendrons devant Lui. Alors agissons. Exprimons-nous. Donnons. Boycottons. Faisons des duʿā.
Et montrons, par nos paroles et nos actes, que l’ Ummah n’a pas oublié le noble peuple du Turkestan oriental.