La Réflexion du vendredi 10 rabia al awal 1446 AH
Le Parabole du palmier ou la stratégie du Prophète Muhammad (saw)
En ce mois de Rabi ul Awwal, nombreux sont les Musulmans qui évoqueront divers aspects de la vie du Prophète Muhammad (saw).
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (ﷺ).
“Quel que soit le palmier que vous ayez coupé ou laissé debout sur ses racines, c’était par la permission de Dieu, et afin qu’Il puisse déshonorer les fasiqoun (iniques)
En ce mois de Rabi ul Awwal, nombreux sont les Musulmans qui évoqueront divers aspects de la vie du Prophète Muhammad (saw). Il faut savoir que le Prophète (saw) était aussi un fin stratège, face à la trahison.
Cela fait plus de onze mois que nous témoignons, chaque jour, de nombreuses difficultés, de conflits, de la tristesse, de la destruction, de pertes de vies humaines, de pertes de maisons, de perte de sécurité, d’insécurité alimentaire, de dommages émotionnels et de traumatismes de toutes sortes. Ces évènements atroces devaient nous rappeler la position qu’avait adoptée le Prophète Muhammad (saw) face à la trahison de Banu Nadir et comment il fit plier ceux-ci par un blocus économique.
L’histoire complète de la sourate al-Hashr est importante. Pour résumer, le chapitre parle de l’épreuve que les musulmans ont eue avec la tribu juive des Banu Nadir. Les Banu Nadir étaient l’une des tribus juives qui avait signé un premier traité de paix, le traité de non-agression avec les musulmans de Médine, qui permettait aux musulmans de vivre en relative sécurité dans leur société immédiate. Il a permis aux musulmans de rester suffisamment en sécurité loin des Qurayshites, avec lesquels ils étaient en conflit ouvert et hostiles.
Pour diverses raisons, les Banu Nadir avaient rompu les termes de ce traité et avaient commencé des relations avec les Qurayshites, qui, eux, considéraient les Musulmans comme leurs ennemis. Les Banu Nadir étaient prêts à être un groupe satellite qui s’opposerait aux Musulmans au nom des Qurayshites, en revenant sur leur traité et en concluant un nouveau traité avec l’ennemi.
C’était une trahison et une tromperie, et cela laissait aux Musulmans un choix très difficile. Le choix était d’offrir aux Banu Nadir la possibilité de partir en exil, de quitter ces terres pour au moins sécuriser le système politique de Médine. Les musulmans autorisaient les Banu Nadir à revenir chaque année pour faire la récolte, en particulier, celle de leurs précieux palmiers. Les Banu Nadir refusèrent. Et c’est à ce moment-là que les musulmans ont mis le siège sur les châteaux de Banu Nadir pour la première fois.
Les Juifs, qui s’étaient réfugiés dans les châteaux de Khayber, attendaient que le Prophète (saw) parte avec leurs provisions de nourriture et de boisson. Les châteaux de Khayber étaient sur un endroit solide et élevé.
L’armée islamique attendit des jours. Mais les Juifs ne quittèrent pas les châteaux. Les Musulmans étaient sur le point d’épuiser leurs provisions et leur moral. Après cette longue attente, le Prophète (saw) élabora une stratégie. Les dattiers seraient abattus, s’attaquant à l’économie des Juifs de Banu Nadir.
Lorsque les arbres furent abattus, les Juifs étaient dévastés. Ils durent s’exiler.
Il existe deux lectures à faire de cet évènement. D’une part, il faut considérer les palmiers plantés par Israël pour se défendre: soit, en premier, les otages. Il est clair, par les tergiversations du Boucher de Tel Aviv, Israël ne veut pas négocier leur libération.
“Leurs dissensions internes sont intenses. Tu les croirais unis, alors que leurs cœurs sont divisés.
L’autre palmier serait leur apparente unité. Le verset 14 de la sourate al-Hashr nous explique qu’il y a beaucoup de conflits entre eux. Nous pouvons penser qu’ils sont un, unis dans leur immoralité. Derrière les portes closes, derrière leurs forteresses, ils se battent entre eux parce qu’ils ne se font pas confiance.
Parmi les autres palmiers se trouvent le droit international, la Cour internationale de justice, l’Assemblée générale des Nations unies, et bien sûr, les Etats Unis eux-mêmes. Israël sait qu’il peut compter sur eux pour se défendre.
Ces évènements nous enseignent aussi qu’il nous est possible de participer à la défense de nos frères et sœurs de la Palestine, en coupant, nous aussi, les palmiers, soit les sources de l’économie israélienne.
Il faut reconnaître que, sans le pouvoir économique, nos voix n’atteindront pas les sionistes! Pire, les pays voisins qui pourraient venir en aide aux Palestiniens, qui sont soi-disant des pays musulmans, ont décidé de ne pas suivre le modèle des premiers musulmans qui débattaient de l’opportunité ou non de couper les palmiers. Ils suivent le modèle des Banu Nadir. Ils font du greenwashing, du pinkwashing, du bluewashing, achètent des équipes de football, achètent des joueurs, construisent des villes invisibles dans le sable et construisent une autre Kaaba. Tout pour distraire. Tout pour montrer des progrès, pour faire semblant. Tout pour montrer qu’ils sont déterminés à faire tourner et à planter autant de palmiers que possible pour couvrir leur trahison et leur manque de principes moraux.
Face à autant d’actes de trahison, il est de notre devoir d’apporter notre contribution. Infliger la pression sur une entité ciblée est reconnu comme une forme de boycott, voire le plus haut degré du boycott. Quand Muhammad (saw) avait assiégé Banu Nadir, ce fut une forme de pression économique sur eux. Quand il (saw) mit le feu à leurs palmiers, ce fut une forme de pression économique. A nos haches.
Ainsi Muhammad (saw) utilisa la pression économique de différentes façons pour mettre la pression sur ses ennemis.
“Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes car vous ordonnez le bien (Ma’rouf), vous interdisez le mal (Mounkar) et croyez en Allah.
Munissons-nous de notre hache de boycott et abattons les arbres des sionistes. Chaque produit israélien qui pénètre dans notre maison est un arbre qu’il faut abattre. Nous pouvons rejoindre les rangs du Prophète (saw) en frappant les sionistes là où il fait le plus mal, leur économie.
Le boycott seul ne suffira toutefois pas. La solution est le retour à la législation d’Allah, l’idéologie islamique. Et cela, nous l’atteindrons en suivant ceux qui sont purs et qui étudient les leçons et les actions du Prophète Muhammad (saw).
Pour le Musulman, le boycott devait se justifier par son engagement dans le hisbah, l’invitation vers le bien et l’interdiction du mal. Nous ne doutons jamais de la puissance d’Allah (swt) à agir contre des oppresseurs. Car Allah affirme :
“Ne pense point qu’Allah soit inattentif à ce que font les Zhalimoun (injustes). Il leur accordera un délai jusqu’au jour où leurs regards se figeront.