Si Muhammad (saw) se trouvait à Gaza…
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (saw).
En effet vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle (à suivre), pour quiconque espère en Allah, au Jour du jugement et évoque Allah fréquemment. Surah 33 (Al Ahzab) verset 21
En ce mois de Rabi ul Awwal, où de nombreuses réunions et autre assemblées sont consacrées aux récits de la vie du Prophète Muhammad (saw), osera-t-on poser la question qui nous taraude les jeunes? Que ferait Muhammad (saw) face aux atrocités, à la barbarie que subissent des membres de l’Ummah? Que ferait le Messager d’Allah s’il était à Gaza ?
Aurait-il (saw) accepté que des enfants meurent assoiffés dans les tentes étouffantes ? Aurait-il (saw) accepté que Hind Rajab soit mitraillée de plus de 350 coups de balles ? Aurait-il (saw) attendu que Marwan Barghouti soit enfermé, torturé, persécuté pendant plus de 24 ans ? Serait-il (saw) resté silencieux face au kidnapping, à la détention et la torture du Dr Hussam Abu Safiya pendant plus de 500 jours ?
En fait, la question est plus politique. Elle remonte à l’attitude adoptée par les Musulmans, dits libéraux, après le 11 septembre. Il s'agissait, pour eux, de survie: les musulmans devaient prouver qu'ils étaient en sécurité, et ils ont donc façonné un prophète éternellement non-violent. Aujourd'hui, à Gaza, la même question révélerait une vérité trop dangereuse pour que les “bons” musulmans puissent l'exprimer: leur Prophète était non seulement miséricordieux, mais militant lorsque la justice l'exigeait.
Ceux qui ont cru, émigré et lutté de leurs biens et de leurs personnes dans le sentier d’Allah, aussi que ceux qui leur ont donné refuge et secours, ceux-là sont des alliés les uns des autres. Surah Al Anfal (8) verset 72
Dans l'ombre du 11 septembre, alors que les musulmans étaient fouillés à nu dans les aéroports, interrogés aux frontières et raflés dans leurs quartiers, les dirigeants musulmans occidentaux se sont retrouvés à répéter sans cesse sur le caractère non-violent du Prophète (saw). C'était leur bouclier, leur mantra, leur tentative désespérée de prouver au monde « civilisé » qu'ils n'étaient pas des sauvages sanguinaires. Le Prophète Muhammad (saw), disaient-ils, était compatissant, tolérant, patient, miséricordieux, infiniment indulgent – plus professeur de yoga que guerrier, plus moine qu'homme d'État.
Mais quel étrange silence aujourd'hui ! Gaza brûle, les Palestiniens sont affamés et massacrés en nombre, et les « bons » musulmans – les musulmans libéraux, les modérés, les infatigables ambassadeurs de la kumbaya interreligieuse – oublient soudain leur question favorite. Personne ne veut demander ce que Muhammad (saw) ferait face à un génocide. Parce que la réponse est trop évidente et trop inconfortable.
Le Muhammad de l'après-11 septembre : une mascotte pacifiste
Rappelons le contexte. Après le 11 septembre, les dirigeants musulmans occidentaux se sont empressés d'accomplir ce que l'on pourrait appeler la « Grande Pacification du Prophète ». N'étant plus l'homme qui organisait des armées, négociait des traités, défendait sa communauté et répondait aux agressions par la force, Muhammad (saw) a été rebaptisé saint pacifiste. Sa patience face aux insultes a été exaltée. Son pardon envers les ennemis a été cité à l'infini. Son insistance sur le combat intérieur (jihad al-nafs) est devenue le seul djihad digne d'être mentionné. L'objectif était clair : convaincre un public occidental profondément méfiant que les musulmans n'étaient pas des bombes à retardement.
Dans le climat de « guerre contre la terreur», les musulmans étaient soumis à une pression énorme pour prouver leur loyauté, assainir leur religion et présenter l'islam comme un loisir spirituel bénin plutôt qu'une force politique.
Le Prophète Muhammad (saw) a certes fait preuve de patience, a certes pardonné, a certes mis l'accent sur la réforme intérieure. Mais le récit était très sélectif. Il était aussi profondément politique.
Vingt ans plus tard, les bombes s'abattent sur Gaza. Hôpitaux, écoles et camps de réfugiés sont anéantis. Une population parquée comme du bétail est affamée, privée d'eau et de médicaments. Le mot « génocide » est d'abord murmuré, puis crié ouvertement. Les musulmans du monde entier observent la scène avec horreur, rage et désespoir.
Et pourtant, ces mêmes musulmans progressistes qui autrefois trouvaient leur langue si agile pour s'exprimer sur « Que ferait Muhammad (saw) ? » restent muets. Ce silence n'est pas accidentel. Il est stratégique. Car chacun sait ce que Muhammad (saw) ferait face à un génocide. Et cela ne cadre pas avec la nouvelle image pacifiste.
Confronté à l'anéantissement de son peuple, le Prophète Muhammad (saw) n'a pas conseillé la patience ni l'activisme sur les claviers des ordinateurs. Il ne s'est pas réfugié sur son tapis de prière en attendant la justice céleste. Il a organisé. Il a défendu. Il a imposé à ses disciples l'obligation de résister. Le Qur’an lui-même explicite ce devoir :
Qu'avez-vous à ne pas combattre pour la cause d’Allah et pour ces hommes, ces femmes et ces enfants opprimés qui crient : “Seigneur, délivre-nous de cette cité d'oppresseurs !” Surah An Nisaa (4) verset 75
Ainsi, si l'on se demandait honnêtement : « Que ferait Muhammad (saw)? » face à Gaza, la réponse serait d'une clarté irréfutable: il (saw) organiserait une force de protection et ferait de la défense un devoir. Il (saw) ne se lamenterait pas sur le « message » à transmettre ni ne s'inquiéterait de ce que pourraient penser les psychopathes et les criminels de guerre. Il se placerait entre le massacreur et le massacré.
La politique de la piété sélective
L'ironie, bien sûr, est flagrante. Lorsque des caricatures du Prophète (saw) sont apparues au Danemark ou en France, les « bons » musulmans n'ont pas tardé à nous le rappeler : Muhammad (saw) ignorait les insultes. Il pardonnait à ses ennemis. Il n'a jamais cautionné la violence collective. Et ils avaient raison.
Mais lorsqu'il est question de génocide? Lorsque des enfants sont extirpés des décombres, lorsque des familles sont anéanties dans leurs maisons, lorsqu'un peuple assiégé appelle à l'aide, soudain, le Prophète (saw) est introuvable. Soudain, la piété sélective qui imprégnait autrefois conférences et communiqués de presse s'évapore.
Il ne s'agit pas simplement de lâcheté. C'est de la complicité. Il s'agit de réduire Muhammad (saw) à une caricature – d'abord en saint pacifiste.
Ils ont peur parce qu'ils connaissent la vérité: Muhammad (saw) ne resterait pas les bras croisés face à un génocide. Il agirait. Il se battrait. Il obligerait ses disciples à défendre les opprimés.
Les générations présentes gagneraient à s’inspirer du Qur’an pour mieux comprendre les évènements de la vie du Prophète d’Allah. Pour mieux saisir le fin stratège, le commandant de l’armée, le chef d’état que fut Muhammad (saw). A l’ère de la révolution de l’information, nous ne pouvons plus nous contenter d’écouter des narrations et des discours de ceux qui nous font entendre ce qui leur plaît. C’est cela la pensée critique. Pour la cultiver, il nous est impératif de retourner aux sources, au Seerah, soit aux biographies du Prophète Muhammad (saw).
Il est du devoir de tout Musulman de défendre l’honneur du dernier Prophète, Muhammad (saw). Il est inacceptable au Musulman de se taire face aux actions visant à dénigrer le Prophète de l’Islam.
Et Nous ne t’avons envoyé, (o Muhammad), qu’en miséricorde pour Alamiin (hommes, djinns, et tout ce qui existe autre qu’Allah. Surah Al Anbiyah (21) verset 107
Qu’Allah (swt) nous aide et nous guide.
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