La Réflexion du vendredi 13 mouharram 1446 AH
Vivre notre conviction de Musulman
En cette période précédant des élections, il sera, de plus en plus, question de notre attitude en tant que communauté numériquement inférieure au sein de la population.
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (ﷺ).
En cette période précédant des élections, il sera, de plus en plus, question de notre attitude en tant que communauté numériquement inférieure au sein de la population. Le concept de minorité a été autant ressassé que les Musulmans sont arrivés à en faire un complexe.
Cependant, il serait naïf de notre part de croire que l’Etat est objectif, agissant indépendamment de ses intérêts. L’Etat dispose du pouvoir de contraindre, mais n’est pas une partie désintéressée et objective. Ce que nous attendons de l’Etat c’est qu’il soit juste, à distance égale de tous, qu’il assure la mise en application d’une loi juste, sans parti pris. Le Musulman attend de l’Etat qu’il préserve ses droits, afin d’être protégé des excès et des dangers pouvant provenir de l’Etat lui-même ou d’autres quartiers.
“Ainsi, Nous avons fait de vous une juste Ummah pour que vous soyez témoins pour les gens, et que le Messager soit témoin pour vous. - Surah Al Baqara (2) verset 143
Avec la révélation de l’Islam apparut le nouveau concept de « Ummah », établissant clairement que tous ceux, ayant la conviction dans les principes et les croyances islamiques, sont des Musulmans et ils constituent l’Ummah musulmane, et ceci, indépendamment de leur origine géographique, leur langue ou leur race.
De son côté, le Prophète Muhammad (saw) a dit : « Les croyants en leur bonté mutuelle, la compassion et la sympathie, sont comme un seul corps. Quand l’un des membres souffre, tout le corps y répond avec éveil et fièvre ». (Bukhari et Muslim).
Ce peuple comme l’a voulu Allah (swt) Lui-même, a une cause spécifique, celle de faire prévaloir le deen al Islam, et cela en signe de soumission au verset du Qur’an:
“C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et le deen de la vérité afin de le faire prévaloir sur toutes autres idéologies, même si les idolâtres détestent ceci. - Surah At Tawbah (9) verset 33 ; Surah As Saff (61) Verset 9
Être peu en nombre dans un endroit particulier ne signifie pas nécessairement que nous soyons une minorité, vu que nous faisons partie d’une Ummah globale.
Le terme minorité dépasse la simple division de l’Ummah. Ce terme implique que les Musulmans devraient rechercher auprès de la majorité des droits égaux sous le système en place, donc une reconnaissance implicite d’un système incompatible à leur deen. Or, le Musulman, dans sa conviction dans le tawheed, ne reconnait aucun système autre que le système islamique.
“Le seul mode de vie acceptable auprès d’Allah est Islam. - Surah Al’i Imraan (3) verset 19
“Et quiconque recherche une autre idéologie que l’Islam, celle-ci ne sera pas accepté de lui, et il sera, dans l’au-delà, du nombre des perdants. - Surah Al’i Imraan (3) verset 85
Le Musulmans ne doit allégeance à aucune autorité, ne reconnaissant aucune législation, car
“Le jugement (législation) n’appartient qu’à Allah : Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des juges. - Surah Al An’am (6), verset 57
“La législation n’appartient qu’à Allah. - Surah Yusuf (12) verset 40
Tout ce que le législateur a décrété licite ou illicite restera ainsi tout le temps et il incombe aux Musulmans d’y adhérer et de ne jamais faire des compromis, sous prétexte d’être une minorité, des bienfaits (Maslaha) ou de l’intérêt public.
L’exemple du Prophète Muhammad (saw) et de ses compagnons confirme qu’en dépit d’être peu en nombre, ceux-ci ne se laissaient jamais influencer par les propos des infidèles et ne compromettaient jamais leur deen. Aucune faveur particulière, si tentante qu’elle soit, ne les intéressaient. Au contraire, ils étaient un peuple avec un message salutaire, proposant l’alternative aux maux de la société. Et tout le monde savait qu’ils voulaient faire prévaloir l’idéologie islamique.
A l’opposé, nous avons des obligations envers Allah (swt), des obligations relatives à construire nos relations avec Allah et avec la société.
Le concept de minorité, toutefois, est étroitement lié à cet autre concept étranger à l’Islam, le sécularisme.
La laïcité ou le sécularisme implique l’indifférence ou le rejet ou l’exclusion de la religion ou des considérations religieuses, ou, du point de vue politique, le détachement de la religion de l’Etat. Du point de vue idéologique, il s’agit d’exclure le Créateur des affaires mondaines et restreindre le domaine de la religion à l’individu, tout en confiant l’autorité à des humains ou des institutions créées par les humains.
Par conséquent, sont apparues deux autorités, celle religieuse qui est concernée par les évènements religieux, les festivités et autres rituels, et l’autre, temporel qui organise le système de la société. Tout en séparant le spirituel de la politique, la laïcité ne nie pas le spirituel.
C’est la notion du sécularisme qui influe sur le comportement et la mentalité des Musulmans, ici et ailleurs. Une telle mentalité est contraire à nos convictions de Musulman.
Allah (swt) nous invite à mettre l’Islam en pratique dans son intégralité.
“O vous qui croyez ! Entrez parfaitement dans l’Islam, et ne suivez point les pas de Shaitan, car il est certes pour vous un ennemi déclaré. - Surah Baqara (2) verset 208
C’est cette mentalité séculaire qui détermine notre comportement face aux dangers de la société et notre réaction face aux abus. Ayant accepté le détachement de la religion du domaine des décisions politiques, nous refusons que de telles questions soient débattues dans les mosquées. Cette attitude a entrainé, irrémédiablement, la dégradation du khutbah, et prive les Musulmans de l’espace décisionnelle que devaient être les mosquées. La position selon laquelle le khutbah devait être apolitique ou loin de la politique relève d’un non-sens dans un monde où toutes les décisions relèvent de la politique. L’Islam pratiquée aux Emirats Arabes Unis par exemple, relève des Accords d’ Abraham, une initiative hautement politique. Se taire face aux injustices et aux abus est politique, car il s’agit d’une prise de position, celle de l’indifférence.
Le Musulman, faut-il le répéter, attend de l’Etat qu’il préserve ses droits, afin d’être protégé des excès et des dangers pouvant provenir de l’Etat lui-même ou d’autres quartiers.
Le rôle des Musulmans à Maurice, et partout ailleurs, est d’œuvrer pour l’établissement de l’Islam et de la propager aux autres. Cette tâche ne sera jamais accomplie si nous nous considérons comme une minorité, mendiant éternellement des faveurs ici et là. Cependant il ne s’agit pas d’être Musulman contre les autres. Il s’agit de rechercher l’équilibre qui nous permet de vivre, dans la dignité, notre conviction de Musulman.
“Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, car vous ordonnez le Ma’rouf (le bien), interdisez le Mounkar (le mal) et croyez en Allah. - Surah A’li Imraan (3) : verset 110