La Réflexion du vendredi 19 safar 1446 AH

Rohingyas : l’autre génocide

Ce dimanche 25 août, il fera exactement sept ans depuis que le peuple Musulman Rohingya, citoyens du Myanmar, furent contraints de quitter leur propre pays, pour fuir l’un des génocides les plus meurtriers de ces dix dernières…

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Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (ﷺ).

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O vous les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous?

Sourate An Nisaa · 4:144

Ce dimanche 25 août, il fera exactement sept ans depuis que le peuple Musulman Rohingya, citoyens du Myanmar, furent contraints de quitter leur propre pays, pour fuir l’un des génocides les plus meurtriers de ces dix dernières années.

Depuis mai dernier, le génocide au Myanmar s’intensifie, cela dans l’indifference de l’opinion internationale. Les quelques 600 000 Rohingyas qui étaient restés dans le district de Rakhine se trouvent pris entre deux feux avec la guerre qui s’est déclarée entre la junte militaire du Myanmar et l’Armée Arakhine, qui appartient à une majorité bouddhiste et affirme lutter pour leur autonomie.

Selon l’ONG britannique BROUK, le génocide s’intensifie dans une ville côtière où vivent les Rohingyas. Selon certains rapports, des gens qui recherchaient des pirogues pour traverser la rivière vers le Bangladesh pour fuir la violence auraient été bombardés. Des centaines de cadavres jonchaient les rives. Ils sont nombreux à être séparés de leurs familles alors que d’autres craignent que des membres de leur famille qui seraient restés ne survivraient pas.

Réunissant les autres éléments d’un génocide, les militaires font subir aux Rohingyas une mort lente, les privant, comme à Gaza, des ressources indispensables pour leur survie, dont les nourritures, l’eau, l’abri, les besoins sanitaires et les soins médicaux.

Médecins Sans Frontière a confirmé que, le mois dernier, encore de Rohingyas arrivaient au Bangladesh, pour la plupart des blessés de la guerre, avec plus de 40% de femmes et d’enfants. Il est clair, selon MSF, que les espaces de sécurité pour les civils au Myanmar rétrécissent.

Au Bangladesh, malgré l’indifférence générale sur la situation atroce dans laquelle ils vivent, les jeunes Rohingyas continuent de monter au créneau pour dire stop à leur statut de réfugiés. Les près de 300 000 enfants sont devenus des adolescents, d’autres des adultes, sans lendemain, sans avenir.

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Les croyants sont des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde.

Sourate Hujurat · 49:10

Muhammad (saw) nous rappelle :

«Celui qui se lève le matin et ne se soucie pas de l’Ummah, n’est pas parmi nous.»

Retour dans l’histoire. Ce fut en août 2017 que plus de 750 000 Musulmans Rohingya furent contraints de fuir leur pays après que des militaires du régime bouddhiste du Myanmar décidèrent de les exterminer en tirant à vue et ensuite incendier des villages entiers. Ils subirent toutes sortes de tortures, les hommes durent fuir, les femmes violées, les enfants et les vieux massacrés. Non satisfaite de procéder à un nettoyage ethnique, la junte militaire pratiquait la politique de la terre brûlée, incendiant les maisons et les plantations, pour que les Rohingyas ne puissent jamais retourner sur leurs terres. Selon Human Right Watch, 200 villages avaient été incendiés, et 13 000 Rohingyas tués.

Ils sont aujourd’hui plus d’un million au Bangladesh dans une quarantaine de camps de réfugiés au Cox Bazar, au Kutapulong et ailleurs, 92 000 en Thaïlande, 21 000 en Inde et 102 000 en Malaisie.

Pour les jeunes et les adolescents, la vie dans ces camps, barricadés par des fils barbelés, se passe dans l’oisiveté, sans accès aux écoles, aux universités, ou aux formations vocationnelles. Un sondage, en 2022, mené dans 11 camps, révèle que plus de 96% des jeunes sont sans emplois, stressés et anxieux. La vie pour les jeunes filles et les adolescentes pose un plus grand défi. Elles passent le plus clair de leur temps entre les quatre murs de bambou de leurs cabanes surpeuplées, sans aucune possibilité de s’éduquer. Certaines sont forcées de se marier à l’âge de 18 ans, pour des raisons de sécurité.

D’autres Rohingyas vivent sur des bateaux, voguant d’un pays à l’autre pour chercher asile. Ils sont plus de 250 à vivre dans de telles conditions. Le peuple de Aceh en Indonésie, qui les avait accueilli en des camps temporaires avant de les transférer en d’autres régions du pays, se sont vus contraints de les repousser, suite à des tensions. La province d’Aceh ne dispose pas d’un plan pour régler le problème des réfugiés. Ils étaient plus de 600 à fuir l’Indonésie récemment.

Même dans ces camps de réfugiés, les Rohingyas ne sont pas en sécurité, faisant face à des risques de meurtres, de kidnappings et d’actes incendiaires perpétrés par des réseaux de trafic de drogue.

Sous le dernier plan de rapatriement, le Myanmar aurait accepté de rapatrier environ 300 000 réfugiés jusqu’à décembre, mais les Rohingyah craignent qu’ils soient persécutés, une fois rentrés.

Le Myanmar a toujours considéré les Rohingyas comme des ‘bengalis’, bien que leurs familles aient vécu dans ce pays pendant des générations. Depuis 1982, ils ont été privés de leur nationalité, sous la Citizenship Law. De plus, la junte avait décrété, dans le pays, des zones Muslims-free, copiées de l’apartheid sud-africain.

En novembre 2019, la Gambie, état-membre de l’Organisation de la Coopération Islamique (OIC), saisissait la Cour Internationale de Justice (ICJ) pour réclamer au Myanmar de mettre fin au génocide des Musulmans Rohingya et de condamner ce pays pour violation du Genocide Convention de 1948.

Dans son ruling rendu en janvier 2022, l’ICJ, à l’unanimité des 17 juges, déclarait le Myanmar d’avoir commis des dommages irréparables aux droits des Rohingyas. La Cour ordonnait au Myanmar de s’engager à respecter les articles 1 à 4 du Genocide Convention. De plus le Myanmar s’engageait à ce que l’armée ne commette aucun génocide et ne complote pour commettre un génocide. Par la suite, en mars 2022, les Etats Unis considéraient que l’oppression des Rohingyas était un génocide. Depuis, cinq autres pays européens, le Danemark, la France, l’Allemagne, les Pays Bas et l’Angleterre ainsi que le Canada se sont joints à la plainte de la Gambie devant la CIJ.

Un autre aspect de la question des Rohingyas qui mérite d’être souligné est la vente d’armes au Myanmar par Israël. Dans son best-seller, The Palestine Laboratory, le journaliste Loewenstein, accusait, preuves à l’appui, Israël de vendre des armes au Myanmar pour massacrer les Rohingyas. Il ajoute que la presse internationale fait rarement mention que les fabricants d’armes font des profits énormes sur le nettoyage ethnique. D’autres compagnies israéliennes sont aussi engagées dans l’entraînement militaire au Myanmar.

En tant que Musulmans faisant partie de l’Ummah, il est de notre devoir de ne pas rester silencieux sur la situation des Rohingyas. De plus, il est de notre devoir de dénoncer l’oppression d’où qu’elle vienne ainsi que les oppresseurs qui qu’ils soient.

Muhammad (saw) a affirmé:

« Le sang d’un Musulman est plus sacré que la Ka’bah et ses alentours. »

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C’est Allah qui juge et personne ne peut s’opposer à Son jugement, et Il est prompt à régler les comptes.

Sourate Ibrahim · 14:41