La Réflexion du vendredi 20 joumada al oula 1446 AH
Libérons nos esprits de l’influence coloniale
La fragmentation de l’Ummah qui suivit l’éclatement du Khilafah, en 1924, offrait aux colonisateurs, britanniques, français et italiens, un boulevard pour infiltrer dans l’esprit des Musulmans des concepts…
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (ﷺ).
“O vous qui avez la conviction en Allah, l’Unique! Répondez à Allah et au Messager lorsqu’il (ce dernier) vous appelle à ce qui vous donne la vraie vie, et sachez qu’Allah s’interpose entre l’Homme et son cœur, et que c’est vers Lui que vous serez rassemblés.
“Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté, tandis que Je suis votre Seigneur. Soyez conscients (de Mon pouvoir et Mon autorité.)
La fragmentation de l’Ummah qui suivit l’éclatement du Khilafah, en 1924, offrait aux colonisateurs, britanniques, français et italiens, un boulevard pour infiltrer dans l’esprit des Musulmans des concepts Kufr, des concepts incompatibles avec notre deen, et cela dans le but de nous diviser, mais surtout influer sur notre mentalité. C’est ainsi que l’Ummah subissait, et subit encore, la stratégie des colons pour nous dévier de notre deen, l’idéologie unique acceptable auprès d’Allah (swt).
Ils nous imposèrent, entre autres, leur doctrine du sécularisme, mettant en application la séparation de la religion de la politique, par extension de l’Etat. Cette imitation des kuffar, par les subalternes des colons, devenus des marionnettes, entraina la création, au sein de ces gouvernements, d’un ministère pour les Affaires religieuses, dissociant ainsi l’Islam des affaires de l’Etat. L’inclusion des waqf dans ce même ministère visait à dissocier le waqf du système économique islamique.
Par conséquent, les états Musulmans adoptaient le concept chrétien du clergé. Au fil des ans, nos savants, ces prêtres d’un nouveau genre, gagnaient plus d’importance au sein de l’état, et obtenaient le statut de ministres, comme c’est le cas en Arabie Saoudite. Ces pseudo-savants se comportent plus comme les magiciens de Pharaon autrefois, pour justifier les actions des despotes et des dictateurs qui les emploient. Ce qui explique, que plus d’un an que dure le génocide en Palestine, et maintenant au Liban, ces despotes n’ont fait que se gargariser de déclarations fracassantes sans qu’ils ne prennent une quiconque action pour libérer leurs armées.
Ceci nous amène à une invitation du gouvernement sortant à demander aux prêtres de s’enregistrer pour bénéficier de facilités duty-free pour l’achat de voitures. Autant que l’on sache, nos Imam et autres Maulanas ne sont pas des prêtres, l’Islam ne reconnaissant pas le système de clergé. A qui la faute si les décideurs politiques les classe au même titre que les prêtres, sinon ces mêmes personnes qui se comportent comme une classe part et qui considère les autres comme des laïcs? Dans la même veine, l’Islam ne reconnait pas les appellations ‘chef religieux’ ou ‘guide spirituel’ souvent attribuées à ceux qui ont la responsabilité de diriger les prières (un autre vocable hérité du colonialisme) et délivrer des khutbah. De telles expressions nous détournent du rôle du Musulman en tant que leader d’opinion.
D’autre part, des expressions telles que ‘cérémonies religieuses’ ou fidèles croyants’ ne sont-elles pas, du point de vue conceptionnel, incompatibles avec notre deen?
Comment expliquer cela si ce n’est l’infiltration dans notre mentalité du langage colonial ?
C’est sous cette même influence coloniale que nous sommes arrivés à accepter des définitions erronées de termes coraniques. La définition du mot ‘taqwa’ par exemple, généralement traduit par ‘la frayeur d’Allah » est loin de la définition que lui donne Umar ibn al Khattab (r.a). La notion de frayeur est capable de nous éloigner plus que de nous rapprocher d’Allah (swt). Prétendre que le taqwa n’est lié qu’au spirituel est une autre contradiction, car notre deen est parfait et complet comme l’affirme Allah (swt).
Tout comme le mot jihad, souvent traduit par ‘guerre sainte’ est un héritage du langage colonial. Le concept du jihad est celui qui a été le plus démonisé, vilipendé, à tel point que les pouvoirs coloniaux ont fait croire aux Musulmans que le jihad, faussement traduit comme guerre sainte, est une menace à l’humanité, aidés en cela par les despotes et les dictateurs qui imposent leur autorité sur les pays Musulmans.
“Certes Allah a acheté aux croyants leurs propres personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah.
Il faut aussi reconnaître que la colonisation s’est aussi attaquée à notre compréhension du Qur’an, nous entraînant à considérer le Qur’an comme un livre de lecture, et non comme un Guide pour l’humanité. Ne sommes-nous pas devenus coraniquement illettrés?
Notre compréhension du Qur’an demande à revoir. Ce qui se passe à Gaza et notre impuissance abjecte, notre inaptitude et notre inefficience est une leçon qui nous vient d’Allah (swt).
Imitant les occidentaux dans l’organisation de concours de chants, nous avons inventé les compétitions de qir’aat, dissociant la nécessité de comprendre le Qur’an de sa lecture psalmodique. Muhammad (saw), auquel ce Qur’an fut révélé, avait-il organisé des concours de récitation parmi les Sahabas? Ceux-ci ne s’efforçaient-ils pas à mettre en pratique une dizaine de versets du Qur’an qu’ils avaient compris avant d’en apprendre d’autres?
Les concours de récitation du Qur’an pourraient faire partie de l’agenda pour coloniser les Musulmans, en les dissociant de la compréhension du Qur’an. L’objectif des kuffar est de nous faire oublier que c’est ce même Qur’an qui avait changé les Arabes et leur avait permis de mettre en pratique l’Islam en tant qu’idéologie.
Pire, imitant les occidentaux, nous avons permis des défilés de mode de femmes à moitié-nues et organisé un concert avec des artistes occidentales, et ce devant une réplique virtuelle de la Ka’bah, sans que les juifs du Qibla, ces savants cireurs de chaussures, ne bronchent.
Que ce soit en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis et en Égypte, la compréhension de la charia est devenue complètement colonisée. Au centre de ce que la charia protège, c’est l’État et non Allah, la charia n’est plus une question de solidarité ou de relation avec Allah, mais une relation avec votre communauté, la charia est devenue une question de plaire à ce roi, à ce président, à ce ministre.
Alors qu’Allah (swt) nous avertit:
“Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà des Kafirouns (mécréants).
“Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des zalimoun (injustes)
“Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des Fasiqoun (pervers)
Force est de constater que la conscience musulmane a été déracinée de son fondement. Il n’est pas un secret que le colonialisme a découvert une théologie musulmane inappropriée de son point de vue; il s’est ainsi engagé, des siècles durant, à réinventer et reconstruire une théologie musulmane alternative.
Le génocide est une preuve vivante de l’impuissance totale des Musulmans dans le monde entier. Il est temps pour les Musulmans de réaliser qu’ils ont besoin d’un changement de paradigme complet et de se débarrasser de l’héritage colonial.
L’ordre actuel de l’État-nation pour les musulmans ne fonctionne pas. Nous devons rétablir le khilafah, ce symbole de l’unité musulmane et exiger que l’ordre mondial s’adapte à ce symbole de la communauté.
Qu’Allah (swt) nous aide et nous guide.