Dernier khutbah 19 joumada al oula 1448 AH
27 octobre : la Journée Noire du Cachemire
À l’occasion de la Journée Noire du Cachemire, retour sur 79 ans de conflit, d’occupation, de violations des droits humains et de lutte pour l’autodétermination.
Louanges à Allah (swt) et Salutations au Prophète Muhammad (saw)
Ils ne te seront d’aucune utilité vis-à-vis d’Allah. Les injustes sont vraiment alliés les uns des autres ; tandis qu’Allah est le Protecteur de ceux qui ont le taqwa.
Muhammad (saw) a dit:
Vous verrez les Musulmans à travers leur bonté, leur affection et leur attachement réciproque, constituer comme un seul corps, quand l’un des membres souffre, il transmet sa fièvre et son insomnie à tout son corps. » [Sahih al-Bukhari 6011]
Commémoré le 27 octobre par les populations du Cachemire et au Pakistan, le Kashmir Black Day marque l’arrivée des troupes indiennes au Srinagar ce jour-là en 1947. Il y a 79 ans de cela, un vendredi, les forces indiennes envahissaient la région himalayenne, déclenchant, depuis, des décennies de violence meurtrière. Chaque année, le peuple de cette région observe une « Journée Noire » pour protester contre l’occupation militaire indienne et la présence de plus de 600 000 soldats indiens sur le sol du Cachemire.
Le peuple du Cachemire considère cette date comme le début d’une occupation illégale et réclame le droit à l’autodétermination pour le peuple cachemiri, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies (comme la Résolution 47). La journée rappelle également les tensions persistantes, notamment l’impact des mesures unilatérales prises le 5 août 2019 modifiant le statut constitutionnel de la région, ainsi que les préoccupations relatives aux droits de l’homme.
Depuis ce triste vendredi, chacune des maisons peut raconter la mort d’un frère, d’un fils ou d’un époux et les atrocités qu’elle subit face à l’armée des forces occupantes.
Certes, cette Ummah qui est la vôtre est une Ummah unique. Je suis votre Rabb. Adorez-moi donc.
Selon le professeur d’histoire, Muhammad Ashraf Wani, le 27 octobre 1947 changeait l’histoire, la géographie et la culture du Cachemire avec le blocus des frontières avec l’Asie Centrale, une importante partenaire commerciale. 79 ans après, le conflit du Cachemire perdure, avec plus d’atrocités envers le people et plus de souffrances.
Le conflit a entraîné des luttes armées, des morts et la destruction, sans qu’il y ait une initiative sérieuse pour y apporter une solution. Alors que l’Inde et le Pakistan continuent de discuter, ce sont les Cachemiris qui reçoivent les balles.
Retour dans l’histoire
En 1947, l’Inde, alors colonie britannique, démarrait son mouvement vers l’indépendance. En juillet 1947, un certain Lord Radcliffe, poursuivant la politique britannique du Divide and Rule, proposait la partition de l’Inde et la création du Pakistan. C’est ainsi qu’eut lieu, le 15 août 1948, la plus grande migration que l’histoire ait connue, avec la partition de l’Inde et la création du Pakistan Occidental et du Pakistan Oriental. Une grande majorité de Musulmans décidait de migrer vers le nouvel État.
Dans le sillage de cette partition, contrairement aux Maharajahs de l’Inde, les Nawabs du Cachemire refusèrent de choisir entre l’Inde et le Pakistan. Lord Mountbatten, le dernier vice-roi de l’Inde, décidait de diviser le Cachemire en trois: une région appelée Azad Cachemire, une Cachemire semi-autonome rattachée au Pakistan et l’autre, rattachée à l’Inde, appelée Jammu et Cachemire. Cette situation ne permettait pas à celle-ci de décider de sa politique étrangère, ou de disposer d’une armée. Cela fait maintenant 79 ans que le Cachemire est devenu une épine au talon de l’Ummah.
Il faut souligner que le 21 avril 1948, le Conseil de sécurité des Nations Unies votait la Résolution 47 qui permettait aux Cachemiris de décider de leur choix de s’associer à l’Inde ou au Pakistan par plébiscite populaire. Comme de nombreuses résolutions des Nations Unies, celles-ci ne furent jamais respectées.
Il faut savoir que l’autonomie de Jammu et Cachemire est inscrite dans la Constitution indienne. L’article 370 de la constitution indienne reconnaissait au Jammu-Cachemire leur autonomie. En 1954, l’article 35A de la constitution indienne accordait toujours aux Cachemiriens le droit de déterminer qui est résident ou pas de la région et, par conséquent, interdisait aux étrangers d’y acquérir un terrain ou de s’y installer.
Le 4 août 2019, le gouvernement BJP décidait, unilatéralement, d’abroger l’Article 370 de la constitution de l’Inde, mettant fin à l’autonomie du Jammu et Cachemire. Dans la même foulée, l’article 35A fut aussi abrogé. Pour contrecarrer toute opposition, le gouvernement y instaure un couvre-feu, fermait les écoles et les commerces, bloquait l’Internet, les communications par téléphone portable et les routes d’accès. Le gouvernement dépêchait aussi 50 000 soldats additionnels pour prêter main forte aux 500 000 qui y étaient déjà, faisant du Cachemire la zone la plus militarisée au monde.
Ayant vécu, 79 ans durant, sous la crainte d’un changement démographique par le gouvernement indien, les Musulmans du Cachemire vivent désormais le cauchemar. Privés du droit de décider de leur sort, ils sont privés de nombreux avantages que leur procurait l’autonomie. Ils subissent aussi la discrimination au niveau de l’emploi dans le secteur public et de postes de responsabilité.
Pire, ils doivent subir de nombreuses persécutions. Des arrestations arbitraires de femmes et d’enfant, dont l’un âgé de huit ans, la détention administrative sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux, comme en Israël, la torture dans les prisons, tous les ingrédients de la machinerie répressive sioniste y sont.
O vous qui croyez ! Ne prenez pas parmi vous (dans votre intimité) ceux qui ne sont de votre religion. (Car) ils ne manqueront pas de vous bouleverser. Ils souhaiteraient que vous soyez en difficulté. La haine certes s’est manifestée sur leur bouche. Ce que leur poitrine cache est encore plus énorme. Voilà que nous vous exposons les Ayats. Si vous pouviez raisonner.
Il est désormais clair que le plan de l’Inde est d’annexer le territoire de Jammu et Cachemire par la colonisation, imitant en cela la colonisation illégale de la Palestine par les sionistes. L’annulation de l’article 35A permet aux hindous qui ne sont pas originaires du Cachemire d’y acheter des terrains et s’y établir. Il s’agit dans le long terme de rendre les Musulmans minoritaires, pour, par la suite procéder à un nettoyage ethnique.
L’annulation de l’article 370 n’est pas une coïncidence. Elle faisait suite aux relations privilégiées que l’Inde a pu tisser avec l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, entre autres. Bénéficiant déjà du soutien d’Israël, duquel il est le plus acheteur d’armes en Asie et le troisième partenaire commercial de l’Asie, le Premier ministre indien ne faisait qu’émuler son ‘grand frère’.
Il convient de déplorer que, fidèles à leurs diverses allégeances, les chefs d’états Musulmans ont tourné le dos aux Musulmans du Cachemire. Ils ont omis de condamner l’Inde pour son refus de respecter les résolutions des Nations Unies.
Quelle est la position du Musulman?
Il nous est impératif, en tant que témoins pour l’humanité, de dénoncer l’oppression quelle que soit l’oppresseur. Il est de notre devoir, sur la base du principe fondamental du hisbah, de dénoncer la torture dont fait l’objet nos frères et sœurs du Cachemire et de protester contre l’occupation et la persécution.
Les croyants sont des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde.
Qu’Allah (swt) nous guide et nous aide.